5ème Barcamp Alger

November 26th, 2009

J’arrive un peu à la bourre, vers 14h30-40, je crois qu’au moment où je suis arrivé il y a vait Microsoft guy qui parlait.. ah oui (je regarde mes notes), je suis arrivé en plein accrochage entre Karim Khelouiati et Microsoft Guy. Pour ceux qui ne connaissent Karim, on croit que c’est un accrochage, mais en fait pas du tout, Karim est comme ça, il le dit lui même, “Je suis comme ça, allah ghaleb, je parle trop !”. Bref, j’arrive en plein dans le premier débat :

Il faut être certifié pour avoir une légitimité.

selon Microsoft guy… Je ne sais pas pourquoi, mais il a tellement insisté sur ce point alors que ça me parait tellement “accessoire”. Je dois bien l’avouer, je n’ai pas eu à passer des certifs parce que dans le langage dans lequel je programme vous êtes à peu près certifié d’office. Vous connaissez beaucoup de monde qui codent en python ? bon, voilà votre réponse. Les gens qui codent en python, ruby, OCaml, Lisp, etc. sont par définition des gens qui cherchent des technos de niche. Ils ne vont pas avoir du mal à se faire recruter parce qu’ils ne seront jamais assez nombreux pour qu’il y ait concurrence à l’embauche. Ce n’est pas le cas d’une de mes connaissances de fac qui a choisi de faire Java. Il n’est pas informaticien, il est mathématico-informaticien, c’est pire ! le gars, c’est un penseur ! mais voilà, il a pris Java, et quand on prends Java, eh ben faut avoir la certif de Sun si on veut être pris. C’est malheureux d’entendre ça, mais le pauvre jeune homme a passé plusieurs mois à chercher du travail sans succès. Un gars lui a conseiller de passer une certif, il a bosser dur, il a eu sa certif, et paf ! embauché !

Pourquoi cette course aux certifications ? une piste possible : Fizz Buzz ! ça peut paraitre choquant, mais en y réfléchissant à deux fois je pense pouvoir l’accepter, la plus part de ceux qui se disent programmeurs ne savent pas programmer. L’article de coding horror est tout aussi intéressant que celui de Joel . Quand je pense à tout ceux que j’ai côtoyé à la fac, qui faisait un copier/coller de codes trouvés ici et là, des inconnus qui m’envoyaient des e-mails proposant argent contre code pour passer tel exam… C’est fou ! pour dire vrai, dans ma promo nous devions être 4 ou 5 à refaire l’année juste parce qu’on avait vraiment envie de se faire plaisir et de faire des projets intéressants, quitte à foirer l’année à cause de ça, si un cours nous intéressait on se tapait des 16 pour ce cours et on avait des 5 ailleurs mais c’était pas grave ! on apprenait vraiment quelque chose contrairement aux autres étudiants qui voulaient uniquement avoir un diplôme à la fin du cycle.

Donc vu sous cet angle, je comprends peut être mieux pourquoi les certifs sont importantes pour filtrer tous les candidats qui se disent programmer en Java. Le cas de Microsoft est pire ! je me rappelle de ce formateur ou professeur (je ne me rappel plus bien) qui disait pendant une discussion à l’une des journées Microsoft organisé au CNIT de la défense (en 2004/2005 si mes souvenirs sont bons ?) “Ce qu’on recherche c’est des programmeurs ! pas des cliqueurs fous !”, parce qu’en fait, c’est un peu ça le problème avec Microsoft, je parle bien sûre de Visual Studio. Cet IDE fait tellement de choses pour vous, vous facilite tellement la vie, génère tellement de code à votre place, qu’à la fin, le nombre de personnes qui vous disent oui je maîtrise la programmation sont en fait des “cliqueurs fous”. C’est à peine si ils touchent au clavier quand ils codent. C’est ce que appellerait peut être mon ami “Y” “les éboueurs du code”, des gens qui font du ménage sur ce que l’IDE a généré.

Mais alors, où trouver et comment trouver des gens compétents ?

C’était la question que se sont posés directement après les intervenants. Alors on a entendu parler d’un certain annuaire qui recenserait les prestataires de services du domaine, et qui serait en cours de création, le gars de emploitic a signalé qu’une solution existait déjà (emploitic en l’occurence, bien sûre -_- ), un étudiant du club .NET a même parlé d’un site student2business, mais qui est en fait axé uniquement sur les étudiants maîtrisant les technos Microsoft.

Alors, pour ce qui est du recrutement, je conseille la lecture de Finding Great Developers, toujours de Joel Spolsky. Vous cherchez des gens brillants ? allez les chercher ! Posez vous la question de savoir : à quelles confs se rendent-ils ? où est-ce qu’ils vivent ? à quelles associations/organisations est-ce qu’ils appartiennent ? Quels sont les sites Internet sur lesquels ils échangent ? Au lieu de faire des campagnes sur des sites génériques type Monster, choisissez des sites spécialisés comme developpez.com, lesjeudis.fr. Malheureusement, il n’existe pas encore de site du genre pour les pros de l’informatique/télécoms en Algérie, et il faudrait en créer un ! s’il existe, ce n’est pas normal que je ne sois pas au courant, il faut qu’il ait plus de visibilité sur les moteurs de recherche !

Il faut de entreprises, pas des consultants éparpillés

Nassim Lounès de med&com a souligné que des consultants éparpillés ne pouvaient pas prétendre à des projets comme e-Algére 2013, il faut vraiment créer des startups et des entreprises pour prendre en charge une telle capacité de travail, sinon, elle sera prises par d’autres.

Microsoft guy suit avec 3 autres conditions à remplir :
1) Avoir un nombre important de développeurs, d’ingénieurs
2) Avoir un plan d’assurance qualité
3) Avoir un processus de développement
4) Et tout le “tralala” du discours habituel du consultant (méthode X,Y,Z, ITIL, conduite du changement blah blah blah…)

Information intéressant pour prendre connaissance de notre retard, l’Egypte, pays d’actualité en ces jours, se fait 3 miliards de dollars en export de services informatiques (développement).

Comme l’accent était ensuite mis par plusieurs participants sur les compétences techniques, je me suis rappelé de l’article paru en September sur wired

Why the beaker should not run the bakery

ou “Pourquoi les boulangers ne devraient pas faire tourner une boulangerie”. Le concept est simple : vous êtes entrepreneur, vous avez milles choses à faire, déléguez. Vous êtes bon en informatique, vous faites de l’informatique, vous n’êtes peut être pas assez compétent pour faire du marketing, le commercial, le comptable et la gérance tout à la fois, sauf si vous faites parti de cet espèce extrêmement rare d’homme-calamar à 8 bras.
De gauche à droite : l’homme-poulpe, l’homme-poulet, l’homme-tigre, l’homme-calamar et l’homme-baleine.

Je ne suis pas entrepreneur moi même, mais ceci est l’observation que je fais de mes lectures de blogs que je suis depuis leur débuts comme simple entrepreneur et blog pour apprenti web ninja.

Plusieurs avis étaient là pour dire qu’il fallait faire un truc “vraiment excellent” (Riad VocalOne pour réussir, que le produit devait être vraiment innovant, blah blah… Lisez l’article Ideas for startups de Paul Graham (ou lisez ma traduction française). Il suffit de voir comment les gens ordinaires (et même des informaticiens !!) travaillent avec l’outil l’informatique et les logiciels et applications qu’ils utilisent, ça va vous donner une idée du chaos qui règne sur cette planète. On utilise Excel comme “base de données”. On utilise Word pour faire des pages web. Regardez tout ces sites web mal faits, tous ses sites ou la boite de recherche ne marche pas… C’est simple ! et pourtant…

Interlude

Ah oui alors pour les gens qui se demandent pourquoi est-ce que je l’appelle Microsoft guy… En fait c’est pas moi, c’est lui ! il nous lâche en plein discours “Microsoft Algérie, c’est moi !”. Waouw. Les gens qui étaient à coté de moi ont applaudis, c’est dire que ça fait de l’effet. Du coup je l’appelle affectueusement Microsoft guy :o)

Autre petit à coté du barcamp, j’ai fait la connaissance de Amine Rahmouni, et on a un petit peu échangé sur PostgreSQL comme alternative à MySQL. PostgreSQL supporte les transactions, les procédures stockées (disponible sous MySQL à partir de la version 5), mais se compare surtout sur les join complexes qu’il arrive à faire plus rapidement que MySQL. Le problème le plus génant pour PostgreSQL est qu’il ne sait pas executer assez rapidement un SELECT count(*) FROM TABLE, alors que MySQL le fait presque instantanément sur les bases de données avec un moteur MyISAM, puisque celui-ci met en cache le count. (Les moteurs InnoDB ne vous donnent aucun avantage à ce niveau). Je ne suis pas encore utilisateur de PostgreSQL, mais vu la popularité qu’il a auprès des développeurs python que je croise sur #pylons, je compte bien m’y mettre un jour ou l’autre. Maintenant il faut rester vigilant, MySQL a tellement gagné en popularité qu’il est maintenant la propriété de Sun, il est donc évident que les prochaines tournures de MySQL vont être largement plus intéressantes que les versions actuelles. Donc, keep an eye on it.

Le volet ADSL

Un membre de ForumDZ est ensuite venu nous parler du problème de l’ADSL en Algérie. Il faut savoir que les problèmes de connexions se trouvent souvent à la dernière maille du chainon : de votre domicile jusqu’à la boi-boite blanche (le placard téléphonique avec pleins de tableaux et pleins de cables en bas du quartier). Mais il peut y avoir des problèmes plus grave, prenez par exemple le central de Kouba qui n’acceptent que 10.000 connexions. Combien y a-t-il d’abonnées à Kouba ? rien qu’à Bir Khadem vous avez plus de 60.000 habitants (en 2006), si un quart de la population avait le téléphone ça nous fait 15.000 lignes. Je viens de voir sur wikipedia, il y a plus de 140.000 habitants (en 2005) à Kouba ! 140.000 !! 10.000 connexions pour 140.000 personnes ! heureusement que ce n’est pas tout le monde qui a le téléphone, sinon !

Donc il y a du boulot, Algérie Télécom est tout simplement dépassé, faute certainement d’une bonne plannification. Ce central de Kouba a été (re?)fait en 2005 si j’ai bien entendu le discours du forumeur, en 2005. Pourquoi ne pas prévoir plus large dès le départ ? C’est un principe connu en programmation connu sous le nom de pool, utilisé souvent avec les threads ou les connexions aux bases de données. L’opération d’ouvrir une nouvelle connexion est coûteuse en ressources et en temps de calcul, on ouvre donc plusieurs connexions d’une seul traite, par exemple 10, qui vont servir à notre application, si on atteint ce seuil, on reserve encore un autre pool de 10 et ainsi de suite. Bien sûre, quand une connexion (ou un thread) se libère, on elle revient dans le pool pour servir plusieurs fois. C’est beaucoup plus efficace de travailler comme ça que de prévoir un tout petit nombre de ressources au début puis d’allouer des ressources supplémentaires en plein milieu du programme.

Un certain Riad (de Vocalone ?) a suggéré une idée que je trouve vraiment bien : faire une sorte de site Internet où on verrait la carte d’Alger et où les utilisateurs pourraient cliquer sur une zone et signaler “il y a une problème de connexion Internet ici”, ou “débit insuffisant”, ou “déconnexions intempestives”. C’est à peu près dans le même esprit que le site de la ligne 13 du métro de Paris, que je prenais presque tout les jours pour rentrer chez moi (un vrai calvair !). Je pense que le site initial a changé de nom et est devenu vous et la RATP, qui est consacré à la fois à la ligne 13 et la ligne A, deux lignes particulièrement merdiques du réseau francilien. Je me rappel qu’au bureau c’était à celui qui se croyait que sa ligne de métro était la pire. “Moi je prends la 4 tout les matin, c’est une cata”, “la 4 ? ha mais tu blagues, t’est déjà monté dans le RER A entre Nation et l’Etoile ?”, “po po po les gars… la ligne 13 c’est vraiment un cas unique ” :/. (non c’est vrai, regardez les résultats de recherches pour métro ligne 13, il y a même un livre qui lui a été consacré ! )

L’idée des intervenants était aussi de dire qu’il faut faire entendre sa voix en tant que consommateur de l’ADSL et dire que les choses ne vont pas bien, c’est pas toujours évident pour AT de savoir quand et où il y a des failles. J’ai protesté à cette remarque parce que je pense que tout fournisseur d’accès doit avoir au minimum un outil de monitoring qui lui permettent de remonter les incidents techniques, les congestions du réseaux, des mécanismes de basculement automatique en cas de montée en charge etc. Mais, encore une fois, les problèmes se situent souvent au “last mile”, le dernier maillon, entre chez vous et l’armoire blanche. C’est difficile de détecter les problèmes à ce niveau, donc il faut prendre le téléphone et râler ! j’ai bien aimé l’intervention d’un des participants, particulièrement la phrase : “Barry White on en a tous bavé.” ! pour ceux qui ne le savent pas, c’était ce que l’EEPAD mettait comme tapis musical pour vous faire patienter au téléphone. L’intervenant en question emmerdait tous les jours son fournisseur d’accès dès que le débit descendait en dessous de 625 Kbps (?) (je n’ai pas le chiffre en tête mais peu importe)

Comme les personnes qui étaient présentes ont confirmé qu’il était nécessaire d’avoir un autre FAI ADSL pour concurrencer AT, j’ai posé une question assez naïve, mais pour laquelle je n’avais pas reçu de réponse sur forumdz (je ne me souviens plus où…) : comment est-ce qu’un opérateur peut tenir la route quand AT de son coté vends à perte ?

Le forumeur reprends et me donne un exemple terre à terre : nous avons du lait subventionné à 25 DA, et nous avons du lait à 75 DA. Est-ce que Candia a fait faillite ? non. Pourquoi ? parce que une partie de la population est prête à payer plus chère pour une meilleur qualité. Je suis tout à fait d’accord, mais le problème est très précisément là : la qualité est la même ! vous n’étiez pas chez EEPAD auparavant ? c’était tout aussi merdique qu’AT ! et pour cause ! le problème se trouve bien souvent chez le client final, dans l’armoire blanche ! quelque soit le concurrent, il devra passer par cette armoire saturée, par les centraux téléphoniques saturés. Où est la différence de qualité ?

Au 26 19 Décembre à HEC !

Voilà, le 5ème Barcamp s’est terminé vers 17h00 comme prévu, si vous n’étiez pas là tant pis pour vous, mais ne ratez pas le prochain qui aura lieu le 26 19 Décembre (merci Amine :) ) à HEC (c’est le nouveau nom chic de l’INC ça ?) Ben Aknoun. Il sera plus axé marketing.

Et vous, étiez-vous présent au barcamp ? qu’en avez vous pensé ? dites-nous ! :p